Samedi 16 juin 2007
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Avant de rentrer dans les développement nécessairement complexes de cette théorie, il me semble important de préciser une chose:
mon intention. Elle n'est pas d'exposer ici une théorie abstraite, pour le plaisir de spéculer sur une nouvelle philosophie dont on ne percevrait pas la finalité, mais de tenter en m'appuyant sur les prémisses et les principes de la pensée
non-aristotélicienne de démontrer au lecteur à quel point notre mode de pensée
aristotélicien nous conduit en permanence à des erreurs de jugement basées sur deux imperfections majeures de notre appréhension du monde extérieur à nous-même, l'
abstraction et l'
inférence. Et ces erreurs de jugement nous condamnent en permanence à une inadaptation, qui peut aller de la simple difficulté à vivre en harmonie avec le monde qui nous entoure à la pathologie neuro-psychologique lourde.
Mais il ne s'agit pas non plus d'y voir simplement une méthode de méditation. La sémantique générale s'intéresse avant tout à la communication. Et dans ce contexte, c'est une excellente méthode de résolution des conflits. Et comme chaque médaille a son revers, il me semble aussi important de préciser qu'elle peut être également un redoutable outil de manipulation. Un non-aristotélicien, conscient des erreurs de jugement qu'il peut induire chez un public aristotélicien, fera usage de la supériorité que lui confère cette connaissance pour manipuler son auditoire. Les exemples abondent.
La difficulté de l'exercice auquel je souhaite me livrer est précisément liée à la structure aristotélicienne de notre mode de communication, le langage, et à certaines de ses propriétés qui seront explicitées ultérieurement: la
réflexivité du langage, la
circularité et la
multi-ordinalité des symboles. En d'autres termes, je me suis fixé comme objectif de disserter sur les imperfection de notre mode de pensée et de communication en utilisant justement ce mode de communication pour le faire (c'est ce qu'on appelle justement la
réflexivité). Cette propriété est particulièrement connue pour conduire souvent à des paradoxes.
Terminons, pour introduire le prochain billet, par deux citations sur lesquelles il me parait important de s'arrêter un instant et qui illustrent traditionnellement la sémantique générale:
"La carte n'est pas le territoire"
"The map is not the territory"
(Alfred Korzybski, 1933 - Photo ci-dessus)
La représentation que nous nous faisons de la réalité n'est pas la réalité elle-même, comme une carte n'est pas le territoire qu'elle représente. Chacun choisit de ne faire figurer dans sa carte que les éléments qui lui paraissent significatifs. Il existe au mieux une similarité entre la carte et le territoire. Et chacun dresse du même territoire une carte différente selon les filtres d'abstraction qu'il met inconsciemment en oeuvre.
"Quoi que vous puissiez dire d'une chose qu'elle est, elle ne l'est pas!"
"No matter what you say that a thing is, it is not it"Par cette affirmation, Alfred Korzybski exprime ses principes de non-identité et de non-toutité (not-allness), et rejette le principe de contradiction d'Aristote ("Rien ne peut à la fois être et ne pas être") et celui du tiers-exclus ("Tout doit, ou bien être, ou bien ne pas être")
Hasta siempre
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